Maman Kangourou : des porte-bébés qui font des petits

Entre profitabilité, compétitivité mondiale et mission sociale 

 

Maman Kangourou a une mission sociale puissante. La campagne Entraide Bébé lui a permis de recueillir des porte-bébés usagés et de les envoyer dans des pays en voie de développement. Une initiative pour atteindre l’essentiel : développer des liens affectifs avec l’enfant... 

« Notre principale problématique, c’est le transport. Nous sommes une PME alors nous n’avons pas de grosses palettes à envoyer et les prix sont en conséquence du volume », mentionne Diana Parada, cofondatrice de Maman Kangourou, un fabricant de porte-
bébés souples (neufs), en tissu. Or qui dit petites quantités, dit « gros prix ». À moyen terme, la PME gagnerait à expédier plus de porte-bébés à la fois, afin de bénéficier de coûts de transport plus intéressants. Heureusement, transiger avec certains clients canadiens représente une aubaine : « Nous travaillons avec un partenaire à Toronto pour l’envoi de palettes en Europe », signale la mère entrepreneure.

Méthode ancestrale

Le contact physique d’un poupon avec sa mère est fondamental au bien-être et au développement harmonieux de tout être humain. Des études le confirment : porter un enfant près de son cœur apporte un sentiment de sécurité à l’enfant et l’aide à développer une personnalité indépendante, en plus de favoriser une bonne relation parent-enfant. C’est là la mission de Maman Kangourou. 

En Colombie, son pays d’origine, Mme Parada avait vu des mères porter leur enfant sur leur poitrine – façon de faire populaire dans plusieurs cultures aborigènes d’Asie, d’Afrique et d’Amérique du Sud. Aussi, à la naissance de sa fille Gabriela, la Québécoise a porté son bébé et trois ans plus tard, elle a confectionné un porte-bébé de son cru pour trimballer le petit frère Nicolas. La chose attirait l’attention lorsqu’elle participait à des activités parents-enfants. On lui demandait d’où ça venait, etc. « Je me suis mise à en faire d’autres. Au début, je voulais les donner à mes proches. » 

La demande a été si forte qu’elle y a vu une occasion d’affaires. Maman Kangourou a vu le jour en 2003, comme Nicolas.

Défis liés à l’exportation

« Dès la première année, on a eu des commandes de l’extérieur du Québec », se souvient Mme Parada. Un colis postal, et c’était parti. Onze ans plus tard, elle se réjouit de trouver en Outaouais des conseillers expérimentés pour l’aider à croître à l’international. (Auparavant, elle devait aller à Montréal ou à Toronto pour trouver ce genre de ressources.) « Selon notre plan stratégique, dans trois ans, nous serons en train de développer le marché de l’Amérique du Sud et de travailler à notre expansion dans les marchés déjà existants pour Maman Kangourou. » 

Un défi l’attend au sud : les prix devront être compétitifs pour que les cinq modèles de porte-bébé se révèlent attrayants et accessibles aux populations locales. 

De plus, Maman Kangourou devra dénicher des partenaires œuvrant dans son domaine si elle veut réduire ses coûts de production et augmenter le volume des envois destinés à l’exportation. Cela passera éventuellement par la délocalisation d’une partie de la production. « Avec des conditions de responsabilité sociale », tient à préciser Mme Parada. 


 

Entreprise exportatrice de la semaine

  • Plus de 300 points de vente au pays
  • Site Web transactionnel trilingue : français, anglais, espagnol
  • Trois distributeurs (un Europe, deux en Amérque du Nord) et points de vente dans 13 autres pays
  • Des négociations sont en cours avec deux partenaires potentiels en vue d’agrandir le réseau de distribution à l’international

www.mamankangourou.com


 

Avis de l’expert

Un des grands défis relié au développement des marchés internationaux, c’est de financer l’écart entre la mise en place des stratégies de commercialisation sur les nouveaux marchés et les ventes réelles générées par ces nouvelles activités.

Il faut en général compter jusqu’à trois ans pour capitaliser sur ses investissements à l’étranger. Heureusement, au Québec, plusieurs organisations gouvernementales offrent des programmes de financement flexibles et souvent sur mesure. Développement économique
Canada (DÉC) propose un prêt sans intérêt couvrant une portion des coûts reliés à la mise en œuvre de stratégie marketing à l’international (dont la participation à des foires, la mise à jour du site internet, le matériel promotionnel, etc.).

Ce type d’appui se fait la plupart du temps en partenariat avec d’autres bailleurs de fonds tels la BDC, les CLD ou Investissement Québec. Ces organisations et leurs programmes sont
d’excellents leviers financiers pour l’entreprise avec des visées à l’international.


Alain Tremblay, CPA auditeur
CA, CA·TI
Associé Certification

Raymond Chabot Grant Thornton


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